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    February 12

    DU CIEL ET DE LA TERRE

    Avis aux lecteurs

    Pour des raisons de réorganisation informatique, dorénavant les nouveaux articles seront publiés sur mon nouveau site :

    Astroport Le chant du pain


    Je serai honoré de vous y retrouver.

    jjb@lechantdupain.com



    February 11

    Première découverte d’un triple quasar

    Le congrés astronomique américain de janvier 2007 à Seattle à été l'occasion de multiples communications scientifiques. Je reviens sur celle présentée par S. George Djorgovski, professeur au Caltech et directeur de l'équipe scientifique qui a permis pour la première fois la découverte d'un triple quasar situé à 10,5 milliards d'années lumière de nous.


    Les quasars sont des objets bien étranges dans le bestiaire astronomique. On sait maintenant qu'ils sont de puissantes sources électromagnétiques, qui émettent aussi dans le visible et dans les fréquences radio, correspondant à l'activité de trous noirs supermassifs situés au coeur des galaxies. Par exemple, un quasar émet autant de lumière qu'une galaxie contenant cent milliards d'étoiles d'une zone d'espace équivalente à celle occupée par notre système solaire.


    Dans les dernières années plus de 100 000 quasars ont été répertoriés dont quelques douzaines de quasars doubles. C'est la première fois qu'un triplet de quasars est mis en évidence. L'histoire commence en 1989 par la découverte du quasar LBQS 1429-008 par l'équipe du Dr. Paul Hewett  du  Cambridge’s Institute of Astronomy. Cette même équipe découvrira rapidement un deuxième quasar à proximité. Des mesures prises à l'aide du téléscope Keck de 10 m à Hawaï (et corroborées par le VLT de l'ESO au Chili) apportent la preuve que ce deuxième quasar n'est pas une aberration due à un effet de lentille gravitationnel. Il est de plus accompagné d'un troisième compagnon !


    Selon Djorgowski, cette découverte est le témoin de la forte interactivité entre les galaxies qui a atteint son paroxisme à cette époque reculée de l'histoire de l'univers, il y a environ dix milliards d'années.


    triple quasar  Crédit Caltech EPFL

    plan très large


    Source W. M. Keck Observatory

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    February 10

    Planck en phase d'intégration

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     Plan large Crédit ESA

     

     Le premier février dernier, était présenté à la presse l'intégration des différents éléments du futur satellite Planck, à Cannes dans les locaux d'Alcatel Alenia.
     


     Planck est un satellite de troisième génération consacré à l'étude du rayonnement fossile de l'univers. Très décalé dans le spectre puisque remontant à la période critique où l'univers était âgé de 300 000 seulement, ce rayonnement ne peut-être étudié que dans la gamme des fréquences micro-ondes.
     


     Planck sera 30 fois plus sensible que son prédécesseur WMAP et 1000 fois que COBE qui le premier a permis de mettre en évidence les légères anisotropies du rayonnement fossile de l'univers, autrement dit la toute première manifestation de la fluctuation de la masse de l'univers, l'ébauche des premières galaxies. Cette découverte a valu le prix nobel de physique 2006 à George F.Smoot et John C. Mather .
     


     Sur la photo suivante George F. Smoot qui est venu spécialement pour la présentation de Planck, pose devant les miroirs du satellite.

     

     

    Plan large Crédit ESA, S. Corvaja

     

    L'envol de Planck est prévu pour l'été 2008 à bord d'une fusée Ariane 5. Il aura pour compagnon de voyage le satellite spatial infrarouge Herschel qui, avec son miroir de 3,5 m de diamètre, deviendra le télescope doté du plus grand miroir jamais envoyé dans l'espace.
     


     Montée, la base du satellite tient dans un cube de 4 m de côté. Planck ira ensuite passer une longue série de tests en particulier de cryogénisation au centre spatial de Liège en Belgique. En effet si le caisson de service fonctionne avec un chauffage l'abritant à une température de 20° Celsius, tout l'équipement de détection doit lui être proche du zéro degré absolu (O kevin = - 273,15° Celsius)

     

     

     Plan large Crédits : ESA - S. Corvaja

     

     Une fois lancé, Planck ira rejoindre le point de Lagrange L2 (stable par rapport à la Terre) à une distance de 1,5 millions de km de notre sol. Il pourra alors entamer son programme d'observation du rayonnement micro-ondes sans être dérangé par les rayonnements parasites de notre Terre, de la Lune et du Soleil.
     


     Sources
     


     Observatoire de Paris
     


     ESA
     
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    Trace dans la nuit.

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    Ce trait lumineux est en réalité l'anneau F de Saturne dont la partie supérieure est obscurcie par la pénombre de Saturne. Ce cliché, à exposition longue, les étoiles en arrière-plan apparaîssent comme de légères traînées, a été pris le 03 janvier 2007 par la sonde Cassini à une distance de 1,4 millions de km de Saturne. La résolution est de 8 km par pixel.
     


     Trace dans la nuit que j'ai trouvé fort appropriée pour illuminer la votre.

     

     

    Plan large crédit NASA JPL Space Science Institute

     Source  Cassini site

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    February 08

    Nébuleuse de l'Aigle (M 16) suite

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    La nébuleuse de l'Aigle M 16 est l'un des spectacles incontournables du ciel des astronomes. Située à environ 7000 années lumière de nous dans la constellation du Serpent, ses « piliers de la création » (voir note du 29/01/2006) ont été rendus célébres par les clichés réalisés par le télescope spatial en 1995 et 2004.


     C'est d'ailleurs le souvenir de la vision du cliché de 1995 qu'a évoqué un doctorant de l'Institut Astrophysique Spatiale (France), Nicolas Flagey, en présentant une étude consacrée à la nébuleuse lors du congrès astronomique américain de Seattle en janvier 2007 et en se souvenant que cette vision émerveillée l'avait encouragé à entreprendre ses études d'astrophysiques une dizaine d'années auparavant .

     

     

     Crédit : NASA/JPL-Caltech/N. Flagey (IAS/SSC) & A. Noriega-Crespo (SSC/Caltech)

     

    Plan large 2400 x 3000 4,1 MB

     

     Sur ce premier cliché, les piliers sont mis en évidence dans les encadrés.
     


     La nouvelle étude de la Nébuleuse de l'Aigle a été menée cette fois-ci en infrarouge à l'aide du télescope spatial Spitzer.
     


     Le Dr. Alberto Noriega-Crespo, astronome opérateur de Spitzer, rappelle que jusqu'à présent, les piliers, qui sont des nuages denses de gaz et de poussières, avaient été considérés comme façonnés par le souffle des jeunes étoiles avoisinantes, les reliquats du nuage primordial, berceau de la nébuleuse de l'Aigle.
     


     La vision infrarouge permet de sonder les poussières selon leurs températures et de dévoiler ce qu'elles cachent. La sensibilité de Spitzer a permis d'identifier les poussières qui apparaîssent en rouge sur le cliché. Elles sont chauffées par l'onde du choc d'une supernova datant de 8000 à 9000 ans. En tenant compte de l'éloignement de M 16, elle a du être visible dans notre ciel il y a 1000 ou 2000 ans. Si les piliers sont bien le reliquat du souffle des jeunes étoiles avoisinantes, nous assistons en direct à leur sculpture par l'onde de choc de la supernova. Ce qui explique mieux leurs formes étranges.
     


     Nous pouvons donc examiner ici, en temps réél, le processus de formation des étoiles. Un nuage froid de gaz et de poussière pour se contracter doit subir une onde de choc générée le plus souvent par l'explosion d'une supernova voisine. Sous nos yeux sont détectées deux générations de jeunes étoiles. Il est fort possible que le souffle de la supernova vient de déclencher au coeur des piliers le processus de création d'une troisième génération d'étoiles.
     


     Pour le plaisir voici le plan général de la nébuleuse de l'Aigle enregistré par Spitzer.

     

     

    Crédit: NASA/JPL-Caltech/N. Flagey (IAS/SSC) & A. Noriega-Crespo (SSC/Caltech)

     

    Plan large 2400 x 3000   5,7 MB

     

     sources :
     


     Spitzer site
     


     Institut d'Astrophysique Spatiale


     
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    February 07

    Ravines dans Terra Sirenum

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    J'attends toujours avec impatience la livraison hebdomadaire des clichés pris par la caméra haute résolution installée sur la sonde Mars Reconnaissance Orbiter. Vous allez peut-être vous dire, il reste toujours dans la même ornière! Et bien oui, voici de nouvelle ravines martiennes à explorer du regard.

     

     

    Ravines dans Terra Sirenum crédit NASA JPL University of Arizona

     

    plan large

     

    Ce premier cliché est centré par – 40,8° de latitude et 200,2° de longitude est. La sonde se trouvait ce 6 décembre 2006 à une altitude de 256,4 km. La résolution a été ramenée à 50 cm par pixel. C'est l'été sur l'hémisphère nord martien. Ce cratère sans nom, d'une largeur de 7 km pour une profondeur de 700 m, est compris dans l'enceinte du beaucoup plus grand cratère Newton. De nombreuses ravines sont visibles sur les parois du cratère.

     

     

    Ravines (détails) dans Terra Sirenum crédit NASA JPL University of Arizona

     

    plan large

     

    Voici un détail de l'image précédente. Il couvre une surface de 610 sur 740 m. Les ravines ici sont plutôt rectilignes, étroites et se terminent abruptement contrairement à d'autres du même cratère beaucoup plus sinueuses, divisées et prolongées par des gisements de dépôts. Le débat est très intense entre spécialistes. Différents types de ravines avec pour explications des origines diverses possibles. Pour les principales : érosions dues à l'infiltration ou l'écoulement d'eau sous-jacente, fonte de glace ou de neige de surface, éboulements secs.
     


     Source HiROC


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    February 06

    Amas galactique Abell S0740

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    Si la caméra ACS du télescope spatial Hubble est hors-service, le traitement de la masse d'informations qu'elle a enregistré est loin d'être terminé. Des dizaines d'années de travail à venir...
     


     A témoin ce tirage réalisé à partir de deux observations faites en janvier 2005 et février 2006.

     

     

     Abell S0740 crédits NASA ESA The Hubble Heritage Team

     

     plan large

     

    Ici nous pouvons admirer un amas de galaxie appelé Abell S0740, situé à 463 millions d'années lumière de nous dans la constellation du Centaure. La galaxie centrale, ESO325-004, est une elliptique géante qui contient plus de 100 milliards d'étoiles. Parmi toutes les galaxies visibles, celle en bas à droite est une galaxie spirale tout à fait représentative de la répartition des étoiles tout au long des bras spiraux.

     

     

    Abell S0740 analyse crédits NASA ESA The Hubble Heritage Team

     

    plan large

     

     Sur cette vue, les détails de l'analyse des clichés par les astronomes sont mis en encadrés.
     


     Ainsi le halo de la galaxie ESO325-004 est entouré de milliers d'amas d'étoiles. Ceux-ci apparaissent comme des têtes d'épingles alors qu'ils contiennent des centaines de milliers d'étoiles. Reliés à la gravité d'ESO325-004, ils parcourent au cours des millions d'années leur danse tout autour de la géante.
     


     Nous assistons aussi, à un effet de lentille gravitationnelle. Prévu théoriquement par Albert Einstein bien avant son observation réelle, ce phénomène est baptisé en son honneur anneau d'Einstein. L'énorme masse d'ESO325-004 détourne et agrandit l'image d'une galaxie apparemment « naine » située bien plus loin qu'elle. L'alignement entre l'observateur et les deux galaxies est presque parfait. Ces anneaux sont plutôt rares à observer et celui-ci est réputé avoir la résolution la plus ressérée connue autour du centre de la lentille gravitationnelle qui le génére.
     


     Source Hubblesite
     
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    February 05

    Osiris alias HD 209458b

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    Osiris vue d'artiste crédits NASA, ESA, and G. Ballester (University of Arizona)

     

    plan large

     

     
     Osiris est une exoplanète découverte en 1999. Elle est située à 150 années lumière de nous dans la constellation de Pégase. Osiris est, pour l'instant, son surnom, son vrai patronyme étant HD 209458b ! De type 'Jupiter chaud » elle orbite autour de son étoile en 3,5 jours à une distance inférieure de 10 fois celle de Mercure au Soleil.


     Osiris est l'une des exoplanètes les plus étudiées par la communauté scientifique. Ainsi une équipe, en se servant, entre autres, des mesures enregistrées par le spectrographe installé sur le télescope spatial Hubble, vient de publier un article dans la revue Nature consacré à l'étude de l'atmosphère d'Osiris. Il est signé par G. Ballester (University of Arizona), D. Sing (University of Arizona/Institut d'Astrophysique de Paris), et F. Herbert (Institut d'Astrophysique de Paris)


     Il faut reconnaître que le monde d'Osiris est fort étonnant pour nos esprits habitués à la compréhension de notre système solaire. Car cette planète, de type gazeux, est surchauffée par sa fréquentation trop proche avec son soleil.

     

     

     L'atmosphère d'Osiris vue d'artiste crédits NASA, ESA, and G. Ballester (University of Arizona)

     

    plan large

     

    En sciences, les températures sont souvent éditées en kelvin. Inutile de s'encombrer l'esprit avec les définitions complexes, il est juste bon de savoir que par définition, 0 kelvin correspond au froid absolu soit – 273,15 ° Celsius. Les échelles sont identiques, par exemple 1000 k = 726,9° C.
     


     Le rayonnement ultraviolent de l'étoile gonfle l'atmosphère comme un ballon. Ainsi sur la face exposée au soleil, la haute atmosphère peut atteindre entre 10 000 et 15 000 k, l'atmosphère moyenne de la planète 5000 k, soit la température de surface de notre soleil, et l'atmosphère inférieure, qui contient peut-être des nuages, 1200 k.
     


     Les études précédentes ont déjà démontré la présence d'atomes d'hydrogène et de carbone ainsi que du sodium en arrière plan d'Osiris. Car la gravitation rapide d'Osiris conjuguée au rayonnement de son soleil donnent à l'atmosphère de l'exoplanète un aspect cométaire. HD 209458b perd chaque seconde 10 000 tonnes de matière. Osiris ne disparaîtra pourtant pas rapidement car les astronomes prédisent à Osiris une espérance de vie équivalente à 5 milliards d'années !


    Source principale : Hubblesite.

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    February 04

    IC 443 suite

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    Pour compléter la note du 01 juin 2006, le Canada France Hawaï Telescope vient du publier un nouveau cliché des rémanents de la supernova IC 443. Je vous laisse l'admirer.


    IC 443 source CFHT
    source CFHT.
    February 03

    Mars Oudemans cratère

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    Oudemans Cratère est un cratère d'impact de 120 km de diamètre situé au sud-ouest de Vallles Marineris, la grande faille martienne, près de Noctis Labyrinthus. L'image suivante de la région centrale surélevée du cratère à été prise par la caméra haute résolution HiRISE de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter le 29 novembre 2006 d'une altitude de 255,8 km. Elle est centrée par -9,9° latitude et 268,2° longitude est. La résolution est de 25 cm par pixel. Autrement dit, les objets de 77 cm de large sont résolus. C'est l'été sur l'hémisphère nord martien.


    Mars Oudemans cratère région centrale  crédit NASA JPL University of Arizona
    Voici un détail en fausses couleurs de la vue générale ci-dessus. Les grands cratères d'impact voient leurs centres surélevés, laissant apparaître les matériaux profondément enfouis. Si la grande faille voisine Valles Marineris laisse voir des terrains situés à – 7 km sous la surface moyenne, il est possible que ceux-ci, à l'aspect stratifié, l'étaient encore plus profondément dans le sous-sol martien. L'état de conservation de ces strates est plutôt rare et semblable à celles observées dans d'autres grands cratères de la région ainsi que sur le plancher de Valles Marineris. Pour les scientifiques, ces roches sont le résultat d'immenses dépots de cendres volcaniques provenant des grands volcans du dôme de Tharsis. Elles sont le témoin des importants épisodes volcaniques qu'a connu Mars au cours de son histoire. Les dépots s'accumulant les uns sur les autres ont été rapidement enterrés sans être bouleversés par les impacts météoritiques.

    Mars Oudemans cratère pic central détail crédit NASA JPL University of Arizona
    Source HiROC

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    February 02

    Jupiter vu de Mars

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    Ce soir un petit amusement au programme du Ciel et de la Terre. J'ai pris pour habitude de vous présenter certaines des photos officielles transmises par la sonde Mars Reconnaissance Orbiter. En voici une inhabituelle.


     HiRISE est la caméra haute résolution montée sur la sonde spatiale. Le 11 janvier 2007, pour une opération de calibrage, elle a été dirigée vers Jupiter.


     En voici le résultat dans le proche infrarouge après corrections :

     

     

    Jupiter et ses lunes crédit NASA JPL University of Arizona

     
     
     
     
     
     

     

    Gros plan sur Jupiter crédit NASA JPL University of Arizona

     
     
     
     D'après HiROC, le centre qui gère les clichés pris par HiRISE, Mars étant plus proche de Jupiter que la Terre, la sensibilité obtenue sur la cible par Mars Reconnaissance Orbiter, est identique à celle obtenue par la caméra ACS fixée sur le télescope spatial Hubble. Par ailleurs, cette dernière est de nouveau en panne. Cette fois-ci il semble que l'incident soit plus grave : la caméra ACS de Hubble ne pourra peut-être jamais plus être utilisée avant son remplacement dans quelques années par une mission spéciale de sauvegarde de la navette spatiale (prévision 2008). Solution temporaire pour permettre à plus long terme, le remplacement définitif de Hubble par James Webb.
     
     
     
     
    Source HiROC
     
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    February 01

    Temps nuageux sur Titan

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    La sonde Cassini, lors de son périple autour de Saturne est amenée à survoler périodiquement sa plus grosse lune Titan (5150 km de diamètre). C'est lors du passage du 29 décembre 2006, à une distance de 90 000 km, qu'elle a pu envoyer ce cliché en infraouge. Les couleurs codées correspondent aux différentes longueurs d'ondes enregistrées.

     

     

    plan large crédit NASA JPL University of Arizona

     

     

    L'image nous permet de contempler un nuage de méthane et d'hydrocarbures recouvrant presque complétement le pôle nord sur une largeur de 2400 km. Déjà observé auparavant, mais jamais avec une telle acuité, il était toujours présent lors du survol suivant le 13 janvier dernier.
     


     Il le sera d'ailleurs pendant encore quelques années les saisons sur Titan durant 7 ans ! Le méthane joue sur cette lune le rôle de l'eau sur Terre. C'est ce nuage qui est certainement à l'origine des lacs de méthane repérés justement près du pôle nord (voir note du 03/01/2007). Au fil des années, il devrait dériver vers le pôle sud où jusqu'à maintenant un seul lac de ce type à pu être repéré. Les scientifiques estiment que Titan connaît une période nuageuse comme celle-ci pendant 25 ans avec une interruption de 4 ou 5 années avant un nouveau cycle de 25 ans. Les astronomes peuvent produire des prévisions météorologiques globales à long terme pour Titan et Cassini leur est un instrument indispensable pour affiner leurs connaissances.


    Sources :
     


     Cassini Huygens NASA
     


     ESA.
     


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    January 31

    SN 386

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    Crédit : NASA/CXC/Eureka Scientific/M.Roberts et autres.

     

     

    Le site consacré au télescope spatial Chandra, vient de rééditer un cliché datant de 2001 combinant les enregistrements des rayonnements X et radio des rémanents d'une Supernova. Ceux-ci sont les restes des couches externes d'une étoile massive expulsées lors de son explosion finale. Appelés G 11.2-0.3, leur symétrie circulaire parfaite les rend dignes d'illustrer tout manuel d'astrophysique.
     


     L'acuité de Chandra permet de distinguer le coeur recroquevillé de l'étoile originelle. La tache blanche centrale est un pulsar, une étoile à neutrons tournant très rapidement sur elle-même. Les calculs des astronomes ont permis d'identifier cette supernova. Car historiquement, elle n'est pas passée inaperçue. Les chinois ont noté dans leurs annales l'apparition dans le ciel d'une nouvelle étoile très brillante pendant plusieurs mois en 386 de notre ére. L' étude de la vitesse de propagation des rémanents dans l'espace de même que celle de la rotation du pulsar viennent corroborer la thèse selon laquelle G 11.2-0.3 n'est autre que les restes de SN 386, la supernova consignée par les chinois. G 11.2-0.3 se trouve à environ 16 000 années lumière de nous dans la constellation du Sagittaire.
     


     Source Chandra


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    January 30

    Aorounga cratère

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    A première vue, ce cliché d'un cratère pourrait avoir été enregistré à partir d'une des sondes orbitant autour de Mars. En réalité, c'est un être humain qui l'a photographié. Son nom William McArthur, commandant de la mission 12 à bord de la Station Spatiale Internationale d'octobre 2005 à août 2006.


     Il s'agit là des vestiges d'un cratère d'impact datant de moins de quatre cent millions d'années. Il s'étend sur une largeur de 12 km, au Sahara. Plus précisément au nord du Tchad par 19,1° latitude Nord et 19,3° longitude est.


     Le cratère Aorounga fut d'abord enseveli sous les sédiments. C'est l'action de l'érosion éolienne, continue depuis des milliers d'années, qui nous le fait réapparaître maintenant découpé en vallées parallèles creusées en suivant le sens du vent.

     

     

    Plan très large (1,8 Mo) crédit NASA

     

    Des images radars prises depuis la navette spéciale ont démontré la présence de deux autres cratères de taille identique encore enterrés, alignés et proches de celui-ci. Il s'agirait donc, à l'image de la comète P 73 Schwassmann Wachmann (voir note du 28/04/2006) des reliquats de la chute de fragments d'une comète qui s'est brisée sous l'action de la gravité terrestre avant de s'écraser au sol.
     


     Source principale : NASA

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    January 29

    Zeta Leporis : des cailloux pour le lièvre

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     L'étoile Zeta Leporis dans la constellation du Lièvre, près d'Orion, était déjà connue posséder un disque de poussières. Une nouvelle campagne d'observation menée par Margaret Moerchen et Charles Telesco (Université de Floride) à l'observatoire Gemini Sud au Chili, vient de permettre de réaliser un grand pas dans la finesse des résultats.


     Etudiant dans la gamme infrarouge le rayonnement des poussières, les chercheurs et leur équipe ont réussi à démontrer que l'étoile Zeta Leporis possédait un disque de poussières éloigné d'environ 3 UA (unité astronomique soit la distance moyenne Soleil-Terre) d'elle. C'est à dire qu'il se situerait dans notre système solaire à la place correspondante à celle occupée par la ceinture d'astéroïdes entre Mars et Jupiter.


     Il est pour l'instant difficile d'affirmer l'origine de ce disque : la collision de milliers de petits astéroïdes au cours des millions d'années ou, très récemment, de deux blocs plus importants. Toujours est-il que son existence laisse à penser ( c'est bien tentant) la possibilité de la présence, comme dans notre système solaire, de planètes rocheuses gravitant autour de l'étoile encore jeune.


     Jusqu'à maintenant, les télescopes arrivaient à détecter des disques de poussières autour des étoiles à une distance équivalente à la ceinture de Kuiper au-delà de Pluton. Maintenant le pas est franchi, la sensibilité des instruments et la meilleure compréhension des mesures permet de distinguer de tels disques bien plus proches de leurs étoiles. Joli saut quantitatif !

     

     

    vue d'artiste en illustration de l'article

     

    Source principale Gemini Observatory / AURA

     


    January 28

    Brisure dans l'anneau

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    plan large, crédit NASA/JPL/Space Science Institute Boulder Colorado

     

    Ces deux clichés ont été pris à 8 minutes d'intervalle. La sonde Cassini se trouvait le 23 décembre 2006 à 2 millions de kilomètres de Saturne. La résolution est de 12 km par pixel. Nous pouvons y voir un objet quitter le noyau lumineux de l'anneau F de Saturne et se briser en plus petits morceaux. Depuis déjà maintenant deux ans, les astronomes observent les petites lunes que contient l'anneau F en se demandant si elles sont permanentes ou des agrégats passagers de blocs plus petits.


     Source : Cassini Huygens NASA JPL


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    January 27

    Double occultation d'étoiles par Titan

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    Je suis toujours sidéré, c'est le cas de l'écrire, par la précision des conclusions que peuvent déduire les astronomes d'une apparemment simple observation de l'alignement, vu de la terre, d'une étoile et d'une planète par exemple.


    Ainsi Bruno Sicardy, de l'Observatoire de Paris, vient de publier un article dans le « Journal of geophisical research » consacré à ce phénomène astronomique typique. De temps à autre la lune de Saturne, Titan, passe devant des étoiles situées en arrière-plan. C'est l'occultation. Mais cette fois-ci le phénomène était nettement plus rare car il s'est produit à deux reprises en quelques heures le 14 novembre 2003. Bruno Sicardy a monté deux expéditions pour suivre l'événement. La première occultation a eu lieu juste après minuit, visible de l'Océan Indien et de la partie méridionale de l'Afrique ; la deuxième, six heures et demie plus tard, de l'Europe et de l'Amérique du Nord et Centrale.



    Occultation d'étoile par Titan, vue d'artiste : C Carreau crédits : NASA/JPL/Space Science Institute/ESA


    L'intérêt de ce phénomène en ce qui concerne Titan tient dans le fait que cette plus grosse lune de Saturne possède une atmosphère épaisse. La lumière de l'étoile en arrière plan disparaît progressivement. Lors de l'occultation totale, un flash lumineux se produit. En ce qui concerne Titan, au vu de son observation par les différents télescopes, celui-ci n'était pas homogène. Le disque atmosphérique au niveau du pôle Nord, était aplati. Ce qui s'explique car, à ce moment, Titan avait son pôle Sud dans la direction du soleil. L'atmosphère réchauffée se dirige vers le nord de la lune où elle se refroidit et redescend vers la surface.


    Autres découvertes pour Sicardy et son équipe : l'existence d'un vent rapide, analogue au jet stream terrestre, autour de 50 ° de latitude nord, faisant le tour de la planète en presque 24 heures, à la vitesse de 720 km/h ! Et aussi la présence de pics venteux à une altitude de 510 km dus à de brusques changements de températures.


    14 mois plus tard, le module Huygens mesurait lors de sa descente vers le sol de Titan des données correspondantes. La concordance de ces deux expériences est d'ailleurs en cours pour affiner notre connaissance de l'atmosphère de Titan, données complétées par celles accumulées par Cassini lors de ses différents survol de Titan.


    Source principale : ESA

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    January 26

    Mars pleure encore

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    Souvenons-nous de la note du 07/12/2006. La défunte sonde Mars Global Surveyor avait mis en évidence une activité géologique récente sur la planète rouge. La sonde Mars Reconnaissance Orbiter a photographié des traces du même processus d'écoulement.

    plan large (2048 x 2776) crédit JPL NASA University of Arizona.

    Ce cliché a été pris le 15 décembre 2006 alors que Mars Reconnaissance Orbiter se trouvait par 7,4 ° latitude et 47,0 ° longitude Est à 271,1 km d'altitude. La résolution est de 50 cm par pixel. Nous pouvons voir la lèvre d'un cratère situé dans la région martienne de Terra Sabaea.


    L'image suivante est un détail de la précédente.

    plan large (1440 x 1258) crédit JPL NASA University of Arizona.

    Sont reconnaissables les mêmes stries qu'avait repéré la sonde Mars Global Surveyor. Leur couleur plus foncée indique qu'elles sont récentes, les autres stries, plus anciennes, apparaissent plus claires car recouvertes peu à peu de sable par le vent martien.


    Le débat est actuellement très animé entre les scientifiques quand à leur origine. Pour certains ce phénomène serait du type « avalanche » de matière à grain très fin comme du sable ou de la poussière. Pour d'autres, les écoulements seraient dus à de la glace d'eau chargée de saumure éjectée des zones aquifaires sous-jascentes par différence de pressions ou de températures. Toujours est-il que les écoulements ont une faible énergie cinétique, ils ne creusent pas profondément le sol comme dans les ravines et ne s'étendent pas sur de très longues distances, jusqu'au plancher du cratère par exemple. Ils se subdivisent en fonction des reliefs du terrain. Sur ce cliché, les écoulements récents prennent tous naissance à la base d'effleurements rocheux !


    Source HiROC


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    January 25

    Dépots érodés dans un cratère d'impact

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    HiROC a édité hier une nouvelle série de clichés pris par la sonde Mars Reconnaissance Orbiter. Voici un détail de l'un d'entre eux. L'image correspond à une largeur de 250 m de terrain. La sonde se trouvait le 21 novembre 2006 à 256,4 km d'altitude par -15,3 ° de latitude et 89,7 ° de longitude est. C'est l'été dans l'hémisphère nord martien. La résolution est de 25 cm par pixel, c'est à dire que les objets de 77 cm sont complétement réalisés.



    Plan large, crédit NASA JPL University of Arizona


    Nous sommes à l'aplomb d'une partie de la cuvette d'un cratère d'impact large de 30 km. Ici sont visibles des couches de matériau superposées. Certaines sont si fines qu'elles ne sont presque pas identifiables sur le cliché. L'érosion en forme d'escalier est certainement due au vent. Sur le plancher la matière érodée modifiée est plus sombre; peu de rochers semblent l'encombrer ce qui suppose qu'ils sont aussi relativement rapidement désagrégés.


    Source HiROC


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    January 24

    Pan dans les anneaux suite

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    Du réchauffé (normal pour une casserole) mais en couleur !


    J'avais déjà présenté dans la note du 25/11/2007, une photo similaire en noir et blanc. Cette fois-ci, la sonde Cassini a pris ce cliché le 16 décembre 2006 à l'aide de filtres bleu, vert et rouge, qui, assemblés, créent une image en couleur correspondant à celle vue par l'oeil humain.
     


     Cassini se trouvait alors à 779 000 km de la petite lune Pan, (casserole en anglais), (26 km de diamètre) à l'intérieur de la division de Encke (325 km de large).

     

     

     

     

     

    plan large crédit NASA JPL Space Science Institute, Boulder, Colorado

     

     

    Source Planetary Photojournal NASA